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le Creux de l’enfer - CENTRE D’ART CONTEMPORAIN

Erro

"Exposition" Les femmes fatales

du 8 juin 2003 au 14 septembre 2003

du 8 juin -14 septembre 2003 Vernissage le samedi 7 juin à 18h né en 1932 à Olafsvik Vit et travaille à Paris

Commissariat de Frédéric Bouglé

Erro

l’Artiste à ses débuts d’inclination surréaliste, puis passant un moment par le pop art qu’il a parodié, Erró est aujourd’hui une figure incontournable de la figuration narrative. Réalisateur de vastes fresques historico-sarcastiques sur l’économie politique, la guerre, les stratégies mondiales, il délègue parfois à d’autres le soin de peindre ses collages. Erró maîtrise autant ses sujets que sa méthode de travail, et met en scène des mondes emblématiques dans des plans de contre-plongée cinématographique. Ses esquisses, constructions dynamiques, font chavirer un monde grouillant de personnages historiques, raclant dans ses filets d’acrylique aux maillons resserrés toutes les images dramatiques et drolatiques de l’actualité. Sa peinture s’inonde de hantises, de jubilations, de violences, et d’étoiles de désirs fantasmés. Faisant l’économie de la matière picturale, mais pas celle des couleurs franches et des grands formats, il se plaît à emprunter le langage universel de la bande dessinée, comics américains et mangas japonais, et s’adresse à l’aide de bulles anglophones/russophones au monde entier. Si Erró n’épargne ni le matérialisme, ni les systèmes de consommation, ni le despotisme, ni même le féminisme, c’est pour mieux assigner, dans une glorification enjouée, les passions et les faiblesses humaines : suffisance, naïveté, cupidité, vanité, cruauté, et autres infantilismes variés. Pour cette exposition d’Erró au Creux de l’enfer, on découvrira des photomontages rarement présentés, ainsi qu’une série de toiles de 2 x 1 mètre qui mettent en scène des femmes belliqueuses, pulpeuses, et fatales.

Dans la mythologie, Hippolyte, reine des Amazones, fût blessée mortellement par Achille avant qu’il ne tombe, trop tardivement, amoureux d’elle. La reine dirigeait un peuple de femmes farouches, chasseresses et guerrières, vivant de pillages, et qui ne toléraient pas la présence des mâles, tuant leurs garçons à la naissance, et mutilant les autres qu’elles gardaient comme esclaves. Dans l’épopée chevaleresque teutonne et caucasienne, en Scythes et dans le nord de l’Asie Mineure, la Walkyrie, femme plantureuse et robuste, représentait l’une des trois déesses guerrières qui décident du sort des soldats, désignant ceux qui doivent mourir. Terroriste moderne ou combattante de l’ombre selon les versions, femme fatale survoltée ou Jeanne d’Arc défoulée, héroïne habituelle de séries télévisuelles américaines ou de plus rares mangas japonais, moins habillée que fortement armée, Tankgirl, la femme rebelle, réfute la femme-objet, et s’émancipe à jamais des obligations de la femme dévouée autant que des servitudes de l’épouse au foyer. Dans ces déclinaisons burlesques, la femme belle et cruelle prend de force son pouvoir sur la société, s’appropriant sans ambages les attributs phalliques du sexe masculin, la main serrée sous la garde d’une épée ou le doigt pressé sur la détente d’une arme de poing. Véritable puissance prédatrice, Wonder Woman ou « Die Walküre » wagnérienne, dans toutes ses variantes sensuelles, criantes et colorées, Tankgirl va sur le devant de la scène, prend le contrôle des rôles sur l’homme, en reproduit ses stéréotypes exterminateurs, et réitère pour sa cause fondamentaliste ces mêmes actes de folie.

Frédéric Bouglé 2003

 
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