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le Creux de l’enfer - CENTRE D’ART CONTEMPORAIN

Fernando X. Gonzalez

Exposition

du 17 octobre 2004 au 31 décembre 2004

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Du 17 octobre au 31 décembre 2004


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 Fernando X. Gonzalez

Du 17 octobre au 31 décembre 2004 Vernissage le samedi 16 octobre à 18h

Commissariat de Frédéric Bouglé

IMG/flv/FXG.flv

Fernando X. Gonzalez (Argentine) Né en 1956, à Buenos Aires Vit et travaille à Paris L’artiste est représenté par la Galerie de la Ferronnerie, à Paris.

Passage

Une peinture qui retient l’intime et refoule le grandiloquent.

Vivant à Paris depuis vingt ans, l’artiste argentin Fernando X. Gonzalez peint à partir de souvenirs de Buenos Aires. Il y enseignait dans les faubourgs le dessin à des enfants. Plus tard à Paris, comme ex-voto, il avait pris pour études ces visages de jeunes Indiens. Cette œuvre chargée d’étrangeté telles en littérature les Impressions d’Afrique de Raymond Roussel, par les mécanismes compliqués qu’elle déclenche, dévoile la métaphore même de ses recettes de réalisation.

Les tableaux de Fernando X. Gonzalez baignent essentiellement dans une lumière intermédiaire, quand celle du soleil hésite à céder la place d’une autre plus artificielle. L’artiste travaille sur bois, sur toile, sur papier. Les sujets qu’il traite valident des odes en forme de petites icônes sur bois. Des tableaux qui évoquent plus qu’ils ne décrivent une réalité poussiéreuse et évanescente. On reconnaîtra pourtant des aires industrielles vides de présence humaine, des quais portuaires désaffectés, des évocations de rituel populaire, des tracés de cités oubliées, et parfois encore des accointances en rapport avec des souvenirs plus personnels. Sa technique picturale laisse supposer une élaboration de travail se déroulant en trois étapes. Un fond de peinture est apposé sur un support donné, puis un motif est peint sur ce fond, et enfin, relevé aux traits de qualité graphique, une dernière intervention vient souligner les contours du sujet abordé. C’est la méthode du caché/ montré, chaque étape tendant à la fois à recouvrir en partie la précédente, à la fois à en accuser l’intérêt. Ses peintures sur bois laissent travailler en réserve la nature texturée du support, des fonds qui prennent alors un rôle véritablement actif dans l’engagement du vocabulaire des couleurs. Une évocation fétichiste d’attributs féminins se mêle parfois à la solitude des tableaux avec de la lingerie blanche, des vêtements ou des corsets sans âge. Si des chevelures privées de visage, un dos velouté, une épaule dénudée participent à éveiller la sensualité,

L’artiste peint à l’huile, embaumant ses sujets, et atténue la vivacité de ses couleurs par le deuil du blanc. Mais les mille nuances de ses gris fluctuants s’irisent de bleu, de vert, de jaune et de rose légers. De ce brouillard de couleurs, de cette poussière de soleil, de cette nuée de matière calcaire, des paysages et des êtres qu’on imagine éphémères vont naître. L’ambiance mi-nostalgique mi-purificatrice qui en résulte mobilise l’affect sur des intuitions abstraites, à la lisière du réel, au passage de la vie à sa perte. De manière récurrente, ses sujets ravivent une mémoire populaire, retiennent l’intime et refoulent le grandiloquent. L’artiste peint comme d’autres modèlent leurs sujets dans la terre humide, lissant sa peinture du doigt… Et les tableaux présentés ordinairement en petits groupes murmurent une conversation secrète. Avec le souffle d’un Fernando Pessoa, elle élève l’artiste au rang d’un hétéronyme oublié du célèbre poète portugais.

Frédéric Bouglé, 2004

 
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