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le Creux de l’enfer - CENTRE D’ART CONTEMPORAIN

Jean-Claude RUGGIRELLO

Exposition

du 11 avril 2004 au 13 juin 2004

Du 11 avril au 13 juin 2004 Vernissage le samedi 10 avril à 18h Né à Tunis, le 20 janvier 1959 Vit et travaille à Paris Salles de l’étage du bâtiment (vidéo/installation)

Commissariat de Frédéric Bouglé

Jean-Claude Ruggirello est représenté par la galerie Claudine Papillon à Paris

Jean-Claude Ruggirello travaille essentiellement avec la vidéo et le son, avec, fait rare à noter, une dimension sculpturale dans son traitement de l’image. Ses formulations impliquent lenteur et action, description d’une image en mouvement, et mouvement d’une action fixe. Nous ne sommes donc ni dans la visualisation d’une image, ni dans la narration d’un filmage. C’est le plus souvent dans le contact ou la corrélation d’un corps animé et vivant à des objets environnants que vient reposer l’action. Si celle-ci est simple et stupide, c’est pour évoquer autre chose qui tient davantage à son absence de causalité qu’à la présence d’une finalité, laissant supposer pourtant une collision inévitable dans ce rapport.

IMG/flv/rug.flv

Le non-évènement qui dure, l’extrême lenteur d’un mouvement, la fixité d’un plan annoncent et accusent une petite violence en attente : un cendrier qui éclate, un verre qui tombe et se brise. L’action, l’impulsion, le déplacement fonctionnent comme une équation sans autre solution. La chute d’objets rattrape la chute du filmage, un glissement de sens immanent fondant dans un poème haïku. Le zapping des informations, le décalage du réel, la petite tragédie d’une situation trouveront toujours leur contrepoids d’humour et de légèreté (exemple d’une vidéo, « Angström, 1994 », qui visualise longuement une tortue sur le dos, et qui se termine quand le reptile se retourne soudainement). En cela, l’œuvre témoigne de son attachement à une forme mentale qui trouve ses applications dans l’art avec des sujets, somme toute, assez banals. Une distance sur la mesure du réel, une cohérence toute personnelle, pourrait apparenter ce propos à l’art de Robert Filliou, s’il n’y avait ici la rigueur formelle de ce travail. Dans « Dry Kiss » réalisée en 1998, le bras humain, la main en sont les figures tutélaires. La main ramène à l’outil et ses fonctions premières : tenir, briser, frapper, déformer, froisser... Elle signifie un langage qui, agissant avec les objets, s’articule graphiquement en ombre chinoise. Quasi radiographiée, elle s’active avec son autre, et avec d’autres objets. Les verticales qui limitent la projection cadrent l’espace mural que l’on ne voit pas. Pour cette exposition au Creux de l’enfer, l’artiste s’appropriera l’étage du bâtiment, ainsi que l’espace troglodyte qui s’y trouve. Des œuvres antérieures retraçant son parcours seront présentées, ainsi que des installations vidéo récentes et inédites. L’une d’elles émancipe l’image de toute représentation en jouant de deux formes complémentaires : une forme lumineuse frôle sa contre-forme, toutes deux vibrantes et donc floues. La technologie employée, un savoir-faire maîtrisé, ne viennent pas ajouter de l’événementiel, ils épurent davantage l’image sur un propos sculptural minimal. Après l’exposition remarquable, il y a un an, au FRAC Languedoc-Roussillon, l’occasion nous est donnée pour une introspection nouvelle au cœur de cette singularité que représente l’œuvre vidéographique de Jean-Claude Ruggirello.

Frédéric Bouglé, 2004

 
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