,,,

le Creux de l’enfer - CENTRE D’ART CONTEMPORAIN

Thierry Joseph

Exposition

du 17 octobre 2003 au 31 décembre 2003

Du 17 octobre au 31 décembre 2003 Vernissage le samedi 16 octobre à 18h Né le 29 janvier 1972 à Châtellerault (Vienne)

Commissariat de Frédéric Bouglé

Issu de l’école de Beaux-arts de Tours avec un DNSEP en 1996, Thierry Joseph a reçu une bourse d’aide à la création à la DRAC Centre en 1998 et en 2002 en reconnaissance d’une activité prometteuse. Avec le mouvement groupe Laura à Tours, il a participé à une exposition collective, Monsieur Canard, le 31 août 2002. En mai - juin 1999 l’artiste est intervenu au Centre de création contemporaine de Tours avec un "Projet vitrine" Affaire X.

Des œuvres conçues comme des machines automatisées.

Avec pour titre générique ’Affaires’, Thierry Joseph produit une série d’œuvres conçues comme des machines automatisées, sans pour autant, négliger le côté ludique. Dans les dispositifs mécaniques l’image vidéo prend souvent un rôle important, et le spectateur est invité à une expérience, à un regard amplifié renvoyé à lui-même. Construites à l’échelle humaine, les installations s’ouvrent au public, et l’invitent à y pénétrer, avant de se renfermer comme un piège.

Une invitation à jouer.

Si ces constructions autonomes ont un fonctionnement précis, et quasi parfait, c’est pour mieux contenir une synchronisation audiovisuelle. Une fois à l’intérieur du contenant, l’agencement du dispositif, d’apparence innocente, nous entraîne à découvrir l’espace, à jouer un rôle, à intervenir, et donc à s’impliquer. Hélas, l’espace dispose de sa propre volonté. L’être humain, dans cette expérience qu’il ne contrôle pas tout à fait, se trouve soumis à la situation. Thierry Joseph capte le spectateur dans un questionnement des rapports entre image et regard, complexifiant l’expérience du quotidien et de l’intimité.

Dormeurs éveillés

Au sous-sol du Creux de l’enfer, il présentera deux installations, dont l’une est une sorte de jeu à activer ; START. Composée d’un espace enfermant un dispositif vidéo, elle juxtapose image fixe et texte. Deux écrans s’ouvrent, l’un après l’autre, et visualisent des clichés qui se succèdent à grande vitesse, et de manière aléatoire. Sous cette apparence chaotique, la machine, seule, maîtrise son rythme ; nous accordant ni le temps de lire les images, et moins encore celui de les analyser. Des extraits de textes sortis de leur contexte sont mis en relation dans un " engrenage " visuel tenant l’éveil en excitation, véritable "... parasitage en douceur comme pour rappeler sans effraction que nous sommes trop souvent des dormeurs éveillés," ( Jérôme Diacre).

Un processus de retournement.

L’installation happe le visiteur dans un environnement déroutant et perturbant. Saisi par l’aimant attractif d’images récurrentes de l’industrie pornographique, le sujet regardant devient victime de lui-même. C’est dans la froideur isolante de la technologie moderne, de l’écran anonyme, qu’un dispositif indépendant, inconscient mais autonome, issu d’une création humaine culturelle et économique, numérise et analyse, et oriente même les individus qui l’ont créé. C’est dire qu’un processus de retournement a lieu, où les données constituantes de nos demandes et désirs sont reformulées en tant que des réponses opératrices.

L’image publique de nos visions privées.

Thierry Joseph nous parle d’une certaine souffrance de l’individu dans son rapport avec un monde où tout est devenu image. L’artiste joue d’une ironie comique avec ce qui encercle et ce qui agit comme une machine à produire l’image publique de nos visions privées. Il emploie cette dynamique qui ne cesse d’évoluer pour une interrogation de notre expérience humaine à ce début du XXIe siècle.

Matt Hill, 2003

 
Chercher
 
le Creux de l’enfer - info@creuxdelenfer.net - vallée des usines, 63300, Thiers, Fr, t. 00 33 4 73 80 26 56 - Site MH MarkIV 1.9.2d [11132]